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L’écosystème d’entreprises et de chercheurs est déjà bien établi dans la zone d’innovation de Bromont, qui fait l’objet d’une vaste étude. (Archives La Voix de l’Est)

Comment la zone d’innovation de Bromont est-elle vectrice de changements sociaux, technologiques et dans le développement d’affaires? Un groupe de chercheurs multidisciplinaires creuse cette vaste sphère dans le cadre d’un projet sur trois ans. Une première au Québec.

Une douzaine de chercheurs travaillent sur le projet, qui s’articule autant autour du volet social que communautaire, pour analyser les impacts de l’implantation de la zone d’innovation dans son milieu.

L’initiative, née en 2024 et baptisée SoZi (Dynamiques sociales des zones d’innovation), a pour principal objectif de «faire passer l’innovation responsable d’une promesse peu engageante à une réalité».

la Chercheuse Marie-Luc Arpin.
La Chercheuse Marie-Luc Arpin. (Tirée du site de SoZI)

Plonger dans un tel univers est une opportunité que ne voulait pas laisser filer la chercheuse principale, Marie-Luc Arpin. «Une zone d’innovation, c’est un terrain difficile à pénétrer. Pour des chercheurs, c’est de l’or en barre d’avoir accès à des industriels qui souhaitent se positionner à propos du développement durable et de la responsabilité sociale», indique-t-elle en entrevue.

Au sein du groupe d’une douzaine de chercheurs, elle travaille entre autres étroitement avec Matthieu Mondou et Jérémy Lapointe, respectivement responsable de recherche à l’Université de Sherbrooke et agent de mobilisation des connaissances.

«On souhaite une prise de connaissances auprès des personnes qui [sont dans le domaine de] l’innovation. Ils ont un impact sur la vie des gens [de la communauté]. Ils doivent avoir une autonomie sur leur capacité d’orienter le développement économique avec la population et les parties prenantes élargies. Notre travail est de mesurer cet impact», mentionne M. Mondou.

À pieds joints

L’équipe de recherche de l’Université de Sherbrooke a proposé le projet à Bromont. L’initiative regroupe plusieurs partenaires, notamment la Ville, Technum Québec, IBM, le Cégep de Granby, le centre de recherche en microélectronique (C2MI) et l’Industrie des systèmes électroniques du Québec (ISEQ). Teledyne Dalsa a aussi collaboré au projet.

Stéphanie Latour, Technum Québec
La vice-présidente aux communications et marketing chez Technum Québec, Stéphanie Latour. (Technum Québec)

Après Technum Québec, les chercheurs lanceront d’autres projets similaires dans l’ensemble des zones d’innovation à travers la province.

Être pionnière est une fierté pour la zone d’innovation bromontoise.

«On a embarqué dans le projet à pieds joints à tous les niveaux. […] Dans les zones d’innovation, le volet de recherche collaborative est très important. Le focus est toujours mis sur les entreprises et les besoins technologiques. C’est bien d’ouvrir nos horizons et le projet de recherche va nous le permettre», indique en entrevue la vice-présidente aux communications et marketing chez Technum Québec, Stéphanie Latour.

Jusqu’ici, les chercheurs ont entre autres analysé toutes les séances du conseil municipal et les discussions sur les réseaux sociaux pour dresser le profil des citoyens, souligne la représentante de Technum Québec.

Mathieu Mondou, responsable de recherche à l'UNiversité de Sherbrooke
Matthieu Mondou, responsable de recherche à l’Université de Sherbrooke (Tirée du site de SoZI)

La trame historique du parc scientifique de Bromont a également été dressée.

Le groupe de recherche doit rencontrer les partenaires deux fois par année pour faire le point et corriger le tir, le cas échéant.

«En 2025, les chercheurs iront davantage à la rencontre des citoyens. Des groupes de discussion seront notamment organisés. Et l’an prochain, le but sera de nous outiller. Entre autres pour savoir comment impliquer les citoyens quand on aura un nouveau projet», soutient Stéphanie Latour.

Un des constats qui se dégage à ce jour de l’analyse des données recueillies sur le terrain est que les principaux acteurs du vaste écosystème d’affaires et technologique travaillent trop en silo.

«Il y a un besoin de concertation, un besoin que tout le monde joue une partition avec chacun son instrument, image Matthieu Mondou. Il doit y avoir une coordination d’acteurs à plusieurs niveaux. Local, provincial, fédéral. Et même aux États-Unis, car le corridor des semi-conducteurs Albany-Bromont existe.»

Pour de plus amples informations à propos de SoZi, consulter le site du projet.